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Assemblée Plénière du Département de Seine-Maritime
31 mars et 1er avril 2009
Intervention dans le cadre du vote de la délibération sur la charte
« Collège du XXIème siècle »
Monsieur le Président,
Mes chers collègues,
Cette charte ambitieuse doit être mise en perspective avec l’ensemble de la politique menée depuis 2004 en direction des collèges. Je ne parle pas uniquement de l’augmentation très sensible des budgets dans ce domaine, mais, faut-il le rappeler, de l’ensemble des actions et dispositifs que nous avons portés : c’est-à-dire le contrat de réussite éducative départemental, l’allègement des cartables en proposant une dotation deuxième jeu de livres, l’effort porté sur l’équipement informatique et la lutte contre la fracture numérique, avec l’objectif que nous nous sommes fixé de proposer un ordinateur pour 4 élèves et par la fourniture d’une clé usb à chacun des collégiens seinomarins, sans oublier, le conseil des collégiens, le pass’culture ou Collège au cinéma qui, jusqu’alors, avait tant tardé à se mettre en place dans notre département.
En se situant dans le prolongement de toutes ces actions, cette charte le montre, penser le collège du 21e siècle, ce n’est pas uniquement construire des bâtiments fussent-ils, comme nous nous y obligeons, de haute qualité environnementale –et il s’agit d’un effort financier absolument nécessaire- mais penser le collège du 21e siècle c’est aller bien au-delà, en travaillant au bien-être des collégiens, à leur épanouissement, à leur intégration dans la vie de la cité, c’est aussi accompagner la communauté scolaire, agir pour que le collège soit pensé dans sa relation au territoire dans lequel il s’inscrit.
En effet lorsque nous construisons un collège, nous construisons une cité au sens le plus noble du terme. Nous nous occupons ensuite de la vie de cette cité et nous mettons tout en œuvre pour améliorer sans cesse les conditions de vie de ceux qui y résident le temps d’une scolarité… ou le temps d’une carrière… C’est là le cadre de notre action classique : reconstructions/réhabilitations des établissements, plans cuisine, équipements sportifs, plan câblage…
Mais il nous a semblé utile de réfléchir au-delà de cette simple vision classique de nos responsabilités. Les enjeux du XXIème siècle nous l’imposent. C’est pourquoi, plus que jamais, nous avons souhaité prendre en considération, non seulement la vie interne au collège, mais aussi le rapport de chaque collège à son environnement. Les collèges ne sont plus dans ce cas des cités à part, des lieux de vie et d’apprentissage dans un territoire, dans un bassin de vie beaucoup plus vaste.
Cependant au-delà de cette politique dont pouvons être fiers, cette charte me suggère deux réflexions :
La première, pour rappeler que cette charte s’inscrit dans un contexte de désengagement de l’Etat, je ne parle pas uniquement des transferts comme les TOS qui, rappelons-le, bénéficient d’une médecine préventive dont ils étaient privés auparavant, mais bien plus fondamentalement, ce désengagement de l’Etat est marqué par des reculs comme sur la politique sportive, ce qui risque de toucher durement la communauté scolaire.
La deuxième réflexion, c’est que cette charte nous invite à voir large, à regarder loin. Et surtout, à utiliser tous les outils possibles pour amener cette notion de plaisir au collège : l’outil culturel doit être utilisé, comme l’outil sportif ainsi que toutes nos capacités à développer l’éducation à la citoyenneté. Mais ce n’est pas tout. Une grande réflexion doit être engagée sur le développement durable, sur les déplacements, les infrastructures et plus largement sur l’aménagement du territoire.
Cela, c’est précisément l’ambition du projet « Collège du XXIème siècle ». Et c’est toute la noblesse de la politique que de penser à si long terme. Seulement, pour gagner ce pari, la politique a besoin de garder ses titres de noblesse. Autrement dit, et je crois que vous avez compris où je voulais en venir, les élus départementaux ont besoin de préserver tous les outils juridiques de leur institution. Au premier rang desquels bien entendu, l’on trouve la clause générale de compétence…